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22.02.2008

Serbie - en marge des manifestations à Belgrade : « Mort aux Hongrois » tagué sur le mur de l’Alliance Démocratique des Hongrois à Bečej, une ville majoritairement hongroise de Voïvodine

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L'hötel de ville de Óbecse

Alors que près de 300.000 personnes manifestaient à Belgrade contre l’indépendance auto-proclamée du Kosovo et prenaient d’assaut plusieurs ambassades (un mort, probablement du côté des manifestants), d’autres manifestations avaient lieu en marge de celle de Belgrade, notamment en Voïvodine.

Ces manifestations serbes en Voïvodine ont donné lieu à plusieurs reprises à des appels à la violence ou au meurtre contre les Hongrois de Voïvodine.

C’était notamment le cas à Bečej (Óbecse en hongrois), ville habitée par 49% de Hongrois et 42% de Serbes, où à la fin du rassemblement d’environ 300 personnes, on a retrouvé le tag suivant sur le mur de la permanence de l’Alliance Démocratique des Hongrois de Voïvodine : « Mort aux albanais, mort aux hongrois ».

Le responsable local de l’Alliance Démocratique a reconnu craindre que dans les semaines et mois à venir, des violences aient lieu à l’égard des Hongrois. Ce qui serait d’autant facilité par le fait que le gouvernement hongrois ne sait strictement rien pour s’occuper des minorités…

Par ailleurs, à Szabadka/Subotica, dans le nord de la Voïvodine , une autre manifestation serbe contre l’indépendance du Kosovo a eu lieu, où les manifestants ont scandé des slogans anti-hongrois et anti-croates devant les consulats de Hongrie et de Croatie.

Sources : Kuruc Info et HunHir

Note HVIM France : Comme le soulignait hier l’article du Monde, la situation en Voïvodine reste tendue pour les minorités hongroises. Espérons que le gouvernement hongrois ne commettra pas la folie de reconnaître l’état fantoche maffieux du Kosovo.

Toujours est-il que le soutien et la sympathie que certains en France peuvent avoir à l’égard des Serbes, à qui l’on prétend arracher le cœur de leur patrie, ne doit en aucun cas s’accompagner d’une passivité aveugle sur les attaques commises à l’encontre des Hongrois de Voïvodine, qui n’ont rien à voir avec ce douloureux problème.

21.02.2008

Revue de presse : La presse hongroise s'inquiète pour la minorité hongroise en Serbie

La presse hongroise s'inquiétait jeudi matin du sort de la minorité magyare en Serbie, craignant que la colère des nationalistes serbes, après la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo, ne se tourne contre les Hongrois établis en Voïvodine.

Dans son éditorial de jeudi, le plus grand quotidien politique Népszabadsag (centre-gauche) estime que "le gouvernement hongrois ne devrait pas reconnaître le Kosovo indépendant". Le journal rappelle que le pays "n'a strictement rien à voir avec le Kosovo, mais est responsable pour les Magyars de la Voïvodine, qui sont pleins de craintes à l'idée de toute nouvelle crise frappant la Serbie".

Une communauté de quelque 350.000 Hongrois est installée en Voïvodine, province autonome dans le nord de la Serbie.

Le journal Népszabadsag propose au gouvernement hongrois, qui devrait reconnaître, d'ici une à deux semaines, le nouvel Etat autoproclamé du Kosovo, "d'adopter la même attitude que pour Taiwan".

La Hongrie ne reconnaît pas officiellement l'île qui a fait sécession de la Chine en 1949, mais accepte l'établissement d'une représentation tawainaise à Budapest.

De son côté, le Népszava (gauche) souligne que "les Serbes enragés s'en prennent de plus en plus aux minorités de leur pays: entre autres aux Hongrois".

Selon le Magyar Nemzet (droite) "la vague d'agression a déjà atteint Subotica", près de la frontière hongroise, en Voïvodine. Le journal rend également compte d'une manifestation en Roumanie, où les participants s'étaient prononcés pour l'autonomie des Sicules (une partie de la minorité hongroise de Roumanie), à l'instar du Kosovo.

Des centaines de milliers de personnes, venues de toute la Serbie, étaient attendues jeudi à Belgrade pour une manifestation de masse contre l'indépendance de la province serbe du Kosovo, peuplée à plus de 90% d'Albanais, et considérée par les Serbes comme le berceau de leur histoire et de leur culture.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34405966@7-5...

15.02.2008

Autonomie : les Sicules se tournent vers le Parlement Européen

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Les Sicules se tournent vers le Parlement européen

Béla Incze, le président du Conseil national des Sicules de la région de Udvarhelyszék, a confirmé que le référendum organisé en faveur de l'autonomie du pays sicule va se terminer dans les prochains jours. Le but sera désormais de voir la question de l'autonomie des Hongrois de Transylvanie à l'ordre du jour du Parlement européen dans les six mois à venir.

Le Conseil des Sicules totalisera donc bientôt les votes et clôturera le processus commencé en 2006. Ensuite les résultats favorables à l'autonomie seront utilisés comme preuve du désir de l'écrasante majorité d'obtenir l'autonomie territoriale de la région.

"Il est primordial d'utiliser le résultat de ce référendum à bon escient car actuellement la nation hongroise possède au Parlement européen un député qui a promis d'oeuvrer pour l'autonomie des Sicules".

Le Président parle bien entendu du célèbre pasteur László Tőkés, qui a reçu le plus de voix aux dernières élections européennes de Roumanie en pays sicule.

Source:  Hongrie Info

06.02.2008

Scandale en Hongrie : un présentateur télé noir fait un salut nazi et l’apologie d’Hitler dans une émission d’extrême-droite

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Voir la vidéo : http://video.google.com/videoplay?docid=-2057914813312779...

Le chanteur et présentateur télé d'origine africaine Pákó a-t-il mis fin à sa carrière ? Pourquoi a-t-il fait des saluts nazis dans l’émission Bombagyár TV? Inconscience ? Alcoolisme ? Menaces ? Ou par conviction ?

Quoiqu’il en soit, c’est un nouveau scandale qui vient d’éclater en Hongrie.

Revenons en aux faits : l’émission Bombagyár, diffusée par Internet, existe sous forme radio ou vidéo. Elle a été créée par Tamás Polgár, alias Tomcat, sympathique provocateur et humoriste considéré d’extrême-droite qui a eu des soucis avec la justice en septembre 2006 pour la dégradation d’un monument soviétique pendant les émeutes, et qui a également fait de la prison en préventive pour « détention de matériaux explosifs » (du sucre, du détergent et de l’alcool à brûler…). Il avait été qualifié à cette occasion de « terroriste numéro 1 » du pays, avant d’être libéré deux mois plus tard, faute de preuves.

Suite à ces péripéties, le « terroriste numéro 1 de la Hongrie  » a lancé une nouvelle émission radio ayant pour nom ironique « Bombagyár » (ce qui veut dire usine à bombes).

Récemment, Tomcat et ses amis ont également lancé l’émission « Bombagyár TV » avec des reportages vidéos, dont un consacré aux « milices » dans le métro qui empêchent les tziganes de jeter des pétards dans le métro lors des fêtes de fin d’année.

Le dernier reportage de Bombagyár TV consistait en une interview du présentateur de la télé hongroise Pákó, d’origine nigérienne.

Pákó avoue lui-même sur son site Internet être arrivé en Hongrie il y a 10 ans en tant qu’étudiant en droit, mais qu’il préférait courir les filles. Récemment, Pákó a fait l’objet de pressions : son numéro de téléphone a été publiquement diffusé sur le site d’information radical Kuruc Info, et Pákó a reçu de nombreux appels téléphoniques et messages « à caractère raciste ». Pákó a voulu porter plainte contre Kuruc Info, mais vu que le serveur de ce site est basé à l’étranger, il a renoncé, et a changé de numéro de téléphone. Il dit ne plus se sentir à l’aise en Hongrie à cause de ces pressions contre lui.

Tomcat est parvenu à entrer en contact avec Pákó pour une interview dans le studio de Bombagyár TV. La vidéo sous-titrée en anglais donne un aperçu de l’ensemble de l’entretien, dans lequel le célèbre présentateur noir fait l’apologie du nazisme.

Il a également déclaré (dans une partie de l’enregistrement, non présent sur la vidéo mise sur ce blog) qu’il voulait « couper le pénis de Gyurcsány [le premier ministre hongrois] et le manger avec des frites » !

Que s’est-il passé ? Pákó affirme avoir agi sous une « contrainte implicite ». Lorsque la vidéo a été diffusée (et non pas juste après l’interview), Pákó a porté plainte pour diffamation et pour avoir été forcé d’agir sous la contrainte durant l’interview.

Il y a trois jours, un débat télévisé devait avoir lieu entre Tomcat et Pákó sur la chaîne ATV. Chacun des deux protagonistes savait qu’il y aurait un débat, mais lorsqu’il est arrivé sur place, Pákó est reparti, prétendant ne pas avoir été mis au courant de la présence de Tomcat, et a porté plainte contre ATV.

Le présentateur de ATV a reconnu qu’il doutait de la sincérité de Pákó. Alors, Pákó mythomane ? Affaire à suivre !

 

www.hvim.fr

02.02.2008

Election présidentielle de Serbie et Hongrois de Voïvodine : résultats et enjeux

Demain dimanche 3 février 2008 aura lieu le second tour de l’élection présidentielle en Serbie, pays dans lequel vivent 300.000 Hongrois, au Nord de la Voïvodine.

Lors du premier tour de l’élection présidentielle serbe, le Président sortant Boris Tadić (36% des voix), le « pro-occidental », et l’ « ultra-nationaliste » Tomislav Nikolić (40%) qui sont arrivés en tête du premier tour et s’affronteront lors d’un second tour qui s’annonce particulièrement serré.

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Nous laisserons de côté les considérations dont nous abreuvent les médias français et internationaux qui sont davantage préoccupés à abrutir les masses et influer de l’extérieur le résultat du scrutin plutôt qu’à informer, et voudraient résumer le second tour à un combat entre le gentil et le méchant. Depuis avril 2002, la méthode des « journalistes » français est rodée…

1e487db278f848d40c9509ae095178d9.jpgIntéressons-nous plutôt, puisque cela concerne le HVIM, aux enjeux liés à la minorité hongroise de Voïvodine (300.000 personnes), qui avait un candidat lors de ce premier tour, en la personne de István Pásztor.

Pásztor a reçu 2,27% des suffrages, soit 93000 votes. Alors que les listes hongroises aux élections législatives de janvier 2007 ne recueillaient que 70000 suffrages. Cette différence s’explique par plusieurs phénomènes : une participation plus importante, le rassemblement de l’ensemble des partis hongrois autour de la même candidature, et un léger soutien des autres minorités de Voïvodine.

Pásztor s’était en effet présenté comme le candidat des Hongrois mais des minorités de façon plus générale, bien que la plupart des partis des minorités avaient officiellement annoncé leur soutien à d’autres candidatures.

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Carte ethnique de la Voivodine

L’objectif de cette candidature était avant tout de faire la promotion de l’autonomie des Hongrois de Voïvodine, qui peuplent majoritairement le nord de cette province. Voici quelques points du programme de Pásztor :

- La résolution pacifique de la question du Kossovo, avec en particulier le respect des droits des non-albanais qui habitent dans la Province en leur accordant l’autonomie ethnique. Il faudrait appliquer l’autonomie ethnique dans toute la Serbie afin d’assurer les droits minoritaires de tout les groups ethniques.

- La suppression du service militaire obligatoire et la création d’une armée professionnelle.

- La réparation des préjudices subis au cours de l’histoire, tels que la privation des propriétés ou les emprisonnements injustes.

- L’intégration européenne de la Serbie

- Une meilleure représentation politique des minorités

- Le respect de la Constitution, qui interdit le changement agressif de la structure ethnique du pays et des différentes régions.

- La promotion de l’autonomie pour les Hongrois de Voïvodine.

- La modification des départements, qui coupent artificiellement les communautés hongroises pour que la représentation des hongrois soit affaiblie.

Il faudrait notamment que les villes de Ada, Csóka, Kishegyes, Magyarkanizsa, Óbecse, Szabadka, Topolya, Törökkanizsa et Zenta soient regroupées en une communauté de communes.

- Une véritable décentralisation avec un élargissement des pouvoirs de la Voïvodine : création d’un pouvoir judiciaire et législatif pour la Voïvodine, et renforcement de l’autonomie financière de la région.

Ce programme semble avoir convaincu les Hongrois de Voïvodine, qui ont majoritairement voté pour leur candidat, alors que les scrutins précédents en Serbie montraient que des parts de plus en plus importantes de Hongrois votaient pour des partis politiques serbes.

En ce qui concerne le report des voix au second tour, Pásztor n’a pas donné de consignes de votes et laisse donc libres ses électeurs de choisir entre Boris Tadić et Tomislav Nikolić.

Il est probable que les minorités ethniques de Voïvodine votent majoritairement pour Tadić, de peur qu’une victoire de Nikolić ne contribue à l’isolement diplomatique de la Serbie (dont les minorités, notamment hongroise croate ou slovaque ne veulent pas), à la guerre ou à une dégradation de la situation déjà précaire des minorités.

Certains voudront y voir là, avec sincérité ou avec malhonnêteté, la main de l’étranger (Soros et compagnie) qui instrumentalise les minorités contre les nationalistes serbes représentés par Nikolić.

Rappelons toutefois à ce sujet ce qu’avait déclaré Vojislav Seselj, président du Parti Radical Serbe, dont Nikolić est le candidat à cette présidentielle : « Aux Slovaques, nous donnerons deux sandwiches, aux Hongrois nous donnerons un sandwich », signifiant que les minorités ethniques avaient vocation à être expulsées (fussent-elles autochtones depuis un millénaire comme les hongrois), et que les Slovaques auraient deux sandwich au lieu d’un car la Slovaquie est plus loin que la Hongrie.

On comprend dès lors l’appréhension des minorités de Serbie vis-à-vis des nationalistes du Parti Radical.

D’ailleurs, le jour du scrutin du premier tour de la présidentielle, des tags anti-slovaques ont été tagués sur les murs d’une municipalité de Voïvodine peuplée de slovaques, avec pour slogan « Ceci n’est que le premier avertissement »

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Dans ces conditions, peut-on demander aux minorités d’être masochistes ?

Quelle que soit l’issue de la présidentielle et du dramatique conflit du Kossovo qui semble être un prélude à l’islamisation de l’Europe, il sera nécessaire que soit appliqué aux minorités ethniques de Voïvodine ce que les Serbes veulent légitimement pour leurs propres compatriotes du Kossovo, à savoir le respect des droits et de l’identité des personnes et le respect du patrimoine (architecture, Eglises orthodoxes) par les albanais devenus majoritaires en raison de leur immigration massive vers la province serbe du Kossovo.

Il n’est pas encore trop tard pour réconcilier les peuples européens pour qu’ils soient prêts à se rassembler face aux menaces qui pèsent sur l’existence même de leur civilisation.

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