27.10.2009
Commémorations du 23 octobre 2009

Les commémorations du 23 octobre marquaient le 20ème anniversaire du « changement de régime » en Hongrie. Alors que le pays est dans une situation économique qui plonge les Hongrois dans une misère parfois plus éprouvante que durant les années communistes, la répression politique s’intensifie lourdement à l’égard des opposants au pouvoir (qui sont les héritiers directs des dirigeants communistes des années 80 ayant réussi leur reconversion dans le libéralisme débridé).
En effet, il y a quelques jours avait lieu de nouvelles arrestations de la fantasmée organisation terroriste Magyarok Nyilai, dont György Budaházy serait le soi-disant leader (depuis son arrestation en juin, aucune preuve probante n’a été fournie à ce sujet, en dehors d’une vidéo bidon dont le caractère fallacieux a été rapidement démontré et a ridiculisé les autorités).
Parmi les arrestations – qui portent à 16 le nombre de personnes actuellement incarcérées et en attente de jugement – une jeune fille qui collabore à la Szent Korona Radio.
C’est dans ce contexte particulier qu’avaient donc lieu les commémorations de la révolution de 1956. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de violences policières commises à l’encontre des manifestants. Il est fort probable que le travail préventif d’un certain nombre d’associations et de personnalités – dont Krisztina Morvai, député européenne du parti nationaliste Jobbik – ait incité les autorités hongroises à ne pas ordonner les habituelles violences qui ont eu lieu lors de nombreuses manifestations les trois dernières années.

Le rassemblement du HVIM avait pour thème principal la libération des prisonniers politiques, ainsi que le « retour aux années 50 », décennie de la terreur rouge en Hongrie. Parmi les intervenants, on retiendra notamment Edda Budaházy – la sœur de György – ainsi que Rafael Gimenez, qui représentait l’Espagne (seul pays à avoir voulu aider militairement la Hongrie brièvement indépendante en octobre 1956 et en a été formellement empêché par les Etats-Unis).
Le rassemblement du Jobbik avait une tonalité plus politique. Gabor Vona a évoqué la légitime fureur qui habite les Hongrois, et enverra de nombreux député du Jobbik au Parlement lors des prochaines élections législatives au printemps 2010. On notera également la présence de Bruno Gollnisch – vice-président du Front National Français – et l’annonce de la constitution d’un parti politique européen regroupant plusieurs mouvements nationaux. Le député européen autrichien Andreas Mölzer (FPÖ), initialement annoncé, n’a pu venir pour des raisons de santé. L’annonce de la constitution de cette formation politique européenne à Budapest montre que la Hongrie est redevenue – après de nombreuses années d’isolement – un centre de gravité majeur dans le concert des patriotismes européens.
Les mois qui viennent seront particulièrement pour l’évolution politique de la Hongrie. Il faudra suivre de près les élections législatives du printemps et devraient aboutir au retour au pouvoir des conservateurs du Fidesz, qui seront suivies en automne par les élections locales où le Jobbik pourrait emporter des communes et peut-être même des régions.
Il faudra également suivre de très près l’évolution de la répression politique à l’encontre des opposants. Il sera d’ailleurs intéressants de voir comment l’arrivée au pouvoir du Fidesz l’année prochaine infléchira la politique de terreur qui s’est installée en Hongrie depuis plusieurs mois.
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